Introduction

L’érysipèle est une dermo-hypodermite bactérienne aiguë, essentiellement streptococcique, non nécrosante affectant le plus souvent les membres inférieurs (85% des cas) mais pouvant affecter n’importe quelle partie du corps, notamment le visage. Dans cet article, le terme «érysipèle» regroupe les termes anglais erysipela et cellulitis, la pratique clinique ne faisant pas de distinction entre ces deux entités. L’infection est favorisée par des facteurs locorégionaux offrant une brèche dans la barrière cutanée, tels que plaies chroniques, piqûre d’insecte, intertrigo, fissuration inter-orteil ou mycose interdigitale. Des conditions systémiques peuvent également contribuer au développement de l’affection, comme le diabète, l’immunosuppression ou toutes pathologies entraînant des œdèmes des membres inférieurs. Un antécédent d’érysipèle prédispose également à un nouvel épisode.

Épidémiologie

L’érysipèle touche majoritairement les adultes après 40 ans avec un sex ratio d’environ 1:1.1 Peu d’études ont été réalisées sur l’incidence de l’affection. Elle est estimée à 9 cas/100 000 par an,2 et plutôt en augmentation.3

Sémiologie

L’érysipèle se manifeste le plus souvent par un érythème circonscrit accompagné d’un œdème local et d’un état fébrile avec ou sans frissons. Le début est fréquemment brutal. La zone intéressée, douloureuse et chaude à la palpation, est marquée par une surélévation périphérique, particulièrement au niveau du visage (figures 1 et 2 ). L’affection s’étend progressivement et des lésions bulleuses superficielles peuvent se développer (figure 3 ), tout comme des lésions purpuriques. Des adénopathies ainsi qu’un trajet lymphangitique peuvent être retrouvés, mais de manière inconstante.1 Une porte d’entrée doit être systématiquement recherchée et sera retrouvée dans deux tiers des cas, sous forme d’intertrigo, de mycose interdigitale, de plaies, de piqûre ou d’un ulcère. Les facteurs favorisants locaux comme les œdèmes de toutes causes (lymphœdème et insuffisance veineuse), ou les dermatoses chroniques (par exemple, psoriasis) ainsi que les facteurs favorisants systémiques comme le diabète ou l’immunosuppression doivent être documentés.

Erysipèle du membre inférieur gauche caractérisé par une tuméfaction et un érythème mal délimité à caractère purpurique
Lésions bulleuses superficielles compliquant un érysipèle du membre inférieur